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Lycéens, fonctionnaires... Une brusque montée de fièvre _ L'intégrale -
C dans l’air du 29 septembre 2026 - Lycéens, fonctionnaires... Une brusque montée de fièvre
La contestation lycéenne prend de l’ampleur. Débutées la semaine dernière en Île-de-France, les manifestations et les blocus des lycées gagnent du terrain en France ce mardi 29 septembre, jour de grève dans la fonction publique. Selon le ministère de l’Éducation nationale, 338 établissements font l’objet d’actions ou de perturbations depuis le début de la journée, notamment à Lille, Strasbourg, Nice, Paris et Saint-Denis.
Le mouvement, qui s’étend, a également pris ces dernières heures un tour politique. « L’école de la République n’est pas un terrain de jeu partisan », a écrit sur X le Premier ministre, accusant en substance La France insoumise de « mettre en danger des élèves ». Sébastien Lecornu, qui dénonce la « surenchère irresponsable » des insoumis, affirme qu’« instrumentaliser la colère » des lycéens « à des fins partisanes est une faute ». « Le devoir d’un élu de la République est de protéger les jeunes et d’appeler au calme », écrit encore le Premier ministre.
Des accusations qui ont fait réagir le leader du parti. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé une « surenchère » du Premier ministre. « Le gouvernement Lecornu a ordonné la répression. Cette férocité est irresponsable, avec un arrière-goût raciste évident », a critiqué sur X le candidat LFI à l’élection présidentielle. Il a également demandé aux élus de « s’interposer » et a appelé les parents d’élèves à rejoindre les lycéens mobilisés pour « venir à la rescousse de leurs enfants ».
Derrière la joute politique, les trois syndicats de l’enseignement secondaire, SNES-FSU, SNEP-FSU et SNUEP-FSU, ont dénoncé, dans un communiqué conjoint, des « interventions violentes, sans discernement, de la police devant plusieurs établissements » et appelé au dialogue, alors que le blocage des lycées s’étend et que les élèves font entendre leurs revendications : des classes surchargées, l’absence de professeurs et de personnels, des conditions insalubres ainsi que des inégalités scolaires et territoriales.
L’Union syndicale lycéenne (USL), principale organisation représentative des lycéens, a appelé ce mardi à des blocages dans toute la France afin de faire converger la mobilisation des élèves avec celle des agents de la fonction publique. Plus de 170 rassemblements sont prévus partout dans l’Hexagone, à l’appel d’une large intersyndicale. Les agents de la fonction publique protestent contre le nouveau gel de leur point d’indice envisagé dans le prochain budget, le recul de leur pouvoir d’achat et demandent davantage de moyens.
Parallèlement, « Mediapart » a publié, lundi, des messages antisémites datant de 2013 attribués à Jordan Bardella, alors jeune militant du Front national. Le président du Rassemblement national, qui nie en bloc, a annoncé une plainte en diffamation. Cette enquête a été qualifiée de « dinguerie » par Marine Le Pen.
« S’il y a des contestations qui continuent très fortes, si on est mis en cause de manière répétée encore sur la qualité de nos informations, nous publierons les documents que nous avons en notre possession », a affirmé de son côté Antton Rouget, journaliste de Mediapart. « Comme on l’explique dans l’article, il y a des documents écrits de la main de Jordan Bardella, qui sont composés à la fois de mails dans des boucles parfois larges, parfois restreintes, et de conversations, notamment sur des messageries. Ce sont des documents, c’est important, qui sont authentifiés, y compris d’un point de vue technique », a renchéri le journaliste au micro de franceinfo.
Nos experts :
- PASCAL PERRINEAU - Politologue, professeur à Sciences Po
- LOUIS HAUSALTER - Journaliste politique – Le Figaro
- BRICE TEINTURIER - Politologue et directeur général délégué d’Ipsos-BVA France.
- AUDREY GOUTARD - Grand reporter à France Télévisions, spécialiste des faits